26 janvier 2017

Acide sulfurique
de Amélie Nothomb





Éditeur : Albin Michel / Le livre de Poche
Broché : 192 pages / Poche : 212 pages  
Sortie : 23 août 2005
Prix : [Broché] 16€00 [Poche] 5€20
Où trouver Amélie Nothomb : Site - Facebook



" Vint le moment où la souffrance des autres ne leur suffit plus : 
il leur en fallut le spectacle. "







Déroutant. Voici le mot qui m’est venu en tête après avoir terminé « Acide Sulfurique », mon premier Amélie Nothomb. Cette auteure a une place très importante dans le monde de la littérature française et je n’avais à ce jour, pas encore eu l’occasion de la découvrir. C’est chose faite maintenant.

Résumé énigmatique, voir carrément inexistant. En commençant cette lecture, je ne savais vraiment pas dans quoi je mettais les pieds. J’avais eu des très bons retours sur ce titre et quand je me suis posé devant ma bibliothèque pour choisir un de ses romans, mon choix a été très vite fait.

Je ne vais pas vous le cacher, dès le premier chapitre, j’ai été déstabilisé. Déjà de par l’écriture d’Amélie, mais également de par les faits qu’elle désirait nous narrer.

On peut dire que dès le premier chapitre, on comprend que ce sera un récit engagé, intense émotionnellement. Prendre le thème des camps de concentration, puis la télé réalité m’a fortement intrigué. En fait, ce qui m’a le plus interpellé, c’est le mélange de ces deux thèmes et ce que cela apporte comme raisonnements. 

Car le point fort de cet ouvrage est justement les questions qu’il m’a fait me poser face à notre société actuelle. À l’époque de la télé-réalité, des réseaux sociaux, on se rend compte que notre vie privée ne l’est plus vraiment. L’auteure dépeint avec noirceur et cruauté les dérives que cela pourrait occasionner dans les années futures…

Cette histoire m’a profondément mis mal à l’aise, car d’ici quelques années, les faits qui nous sont rapportés pourraient véritablement devenir réel. Poussant de plus en plus loin les concepts forts afin d’augmenter l’audimat, je ne serai vraiment pas surpris qu’un jour, un pays décide de franchir le cap de l’horreur, de l’abomination afin de frapper fort.

Si l’histoire m’a profondément dérangé, la plume d’Amélie Nothomb m’a complètement séduit… J’ai beaucoup apprécié son style et sa manière de jouer avec la langue française. Il est vrai qu’au début, j’ai eu un peu de mal à m’y faire, m’obligeant parfois à relire une phrase pour comprendre son sens, mais une fois que j’ai compris sa manière de fonctionner, d’écrire, j’ai pu profiter pleinement de ses exercices de style.

En ce qui concerne les personnages évoluant dans cette histoire, j’ai pris la décision de ne pas les aborder ici. Pour moi, tout l’attrait de ce roman réside dans la découverte du contexte, de leur caractère et trop vous en dire pourrait gâcher la lecture à ceux désirant découvrir ce roman.

À l’heure où j’écris cette chronique, je ne peux toujours pas dire si mon avis penche du côté positif, mitigé ou négatif. C’est une lecture qui ne peut vous laisser indifférent, qui vous prend aux tripes et vous déstabilise fortement de par les thèmes abordés. On peut dire que cette histoire m’aura profondément touché. Amélie Nothomb signe ici un roman qui est complètement actuelle et qui pourrait malheureusement se classer dans la littérature d’anticipation. Espérons qu’on en arrive jamais là… 

En bref : pour ma première rencontre avec l’univers d’Amélie Nothomb, on peut dire que j’ai été sacrément chamboulé, touché, révolté. Ce roman assez court est une plongée dans les tréfonds horrifiques de l’âme humaine. Un récit très dans l’air du temps qui ne peut laisser indifférent de par ses thématiques abordés. Le fait que cela pourrait se produire un jour nous laisse encore plus avec un sentiment de malaise… 

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